Danse et socialisation

Depuis quelques années, le lien entre la culture et le développement fait l’objet de plus en plus de consensus dans les fora et programmes de société. L’EDIT, au-delà de ses missions, voudraitjouer pleinement son rôle d’acteur de développement à travers l’art, convaincu en cela que la danse peut contribuer utilement à la promotion des droits humains et à la socialisation des couches sociales vulnérables.
Bien maîtrisée, elle est un moyen privilégié pour enseigner à la fois des données culturelles, historiques et humaines par sa capacité à agir à la fois sur le physique, le mental, l’intellect et la personnalité. Elle agit aussi sur l’environnement afin de le nourrir d’esthétique, de sens, de bien-être physique et psychologique.

C’est dans ce sens que l’EDIT, pour s’affirmer comme une entité citoyenne, soucieuse du développement durable de l’environnement dans lequel elle s’est établie, a décidé de développer le programme Danse et Société qui se présente en trois composantes qui sont:

  • Programme de réinsertion sociale des jeunes filles de la rue
  • Programme d’appui aux jeunes de la rue
  • Programme d’appui aux personnes vivant avec le SIDA.

Le programme de réinsertion sociale des jeunes filles de la rue

Ouagadougou la capitale du Burkina Faso, à l’instar des grandes villes africaines, connaît le développement des phénomènes de marginalisation d’une frange importante de sa jeunesse. Celle-ci, déscolarisée, en manque d’emploi et de repères ou en rupture familiale est l’objet de plusieurs dérives sociales dont la prostitution, la délinquance et la drogue.

En partenariat avec l’association «Kéogo», cette composante est destinée à des jeunes filles désocialisées, pour la plupart vivant du commerce du sexe et usagères de drogues, originaires de Ouagadougou ou de province, mais vivant toutes dans la capitale. Il s’agit pour ces jeunes filles (16-22 ans) d’intégrer le cursus de formation à la danse de l’EDIT, aux côtés des autres étudiants, avec comme objectif l’utilisation de la danse comme outil de reconstruction personnelle (restauration d’une estime de soi au travers de l’apprentissage d’une discipline de maitrise du corps) et finalement comme outil de réinsertion sociale.

Ce programme a démarré en décembre 2009 avec l’audition d’une cinquantaine de jeunes filles de la rue, suivies par l’association Kéogo. Parmi elle, 12 ont été sélectionnées sur leurs aptitudes de base et leur souhait de participer à la formation de l’EDIT. Ces jeunes filles ont intégré la formation de l’EDIT dès décembre et poursuivent la formation depuis.

Le programme d’appui aux jeunes de la rue

Ce second programme est destiné à un public de jeunes filles et garçons désocialisés, vivant dans la rue. Il est en cours de développement avec des structures associatives spécialisées qui travaillent auprès de ces publics à leur réinsertion.
Il s’agit ici d’aider ces jeunes en difficultés à se reconstruire eux-mêmes, au double plan physique et psychologique, par l’apprentissage de disciplines de la danse.En effet, l’apprentissage de la danse et de l’ensemble des disciplines connexes accessibles à l’EDIT doit permettre à ces jeunes d’acquérir une condition physique optimale, une maitrise de soi et de développer leurs capacités de concentration. Cela concourra donc à leur faire retrouver une hygiène de vie qui leur fait défaut.
Par ailleurs, ces apprentissages serviront également pour eux d’outil de reconstruction personnelle au plan psychologique: l’apprentissage de disciplines visant la maîtrise du corps permet en effet de mieux gérer ses affects et ses pulsions, de mieux contrôler ses émotions; les apprentissages s’effectuant en groupe, les individus sont aussi amenés à travailler leur intégration et leur socialisation au sein du groupe, à gérer les conflits, etc. Tout cela concoure à la restauration de l’estime de soi des jeunes apprenants.
Dans le cas de ce deuxième projet, la démarche ne vise pas la professionnalisation des jeunes bénéficiaires, mais leur reconstruction personnelle par l’exercice de disciplines artistiques. Le projet démarrera au deuxième semestre 2010, car il nécessite la mobilisation de ressources spécifiques.

Le programme d’appui aux personnes vivants avec le VIH

Ce programme est destiné à un public de personnes vivant avec le VIH, bénéficiant d’une prise en charge dans un des sites de prise en charge de Ouagadougou. Il est en projet avec des structures associatives spécialisées qui s’occupent de suivi psycho-social de personnes vivant avec le VIH (PvVIH).

Il s’agit ici d’aider ces personnes à s’épanouir au double plan physique et psychologique, par l’apprentissage de disciplines de la danse et connexes.
Après avoir traversé des phases évoluées de la maladie (infections opportunistes), les PvVIH peuvent avoir perdu d’importantes capacités physiques. Pour l’ensemble des PvVIH, en particulier ceux qui reçoivent un traitement, la prévention de certains effets indésirables des médicaments antirétroviraux à long terme (syndrome lipodystrophique, diabète, etc.) passe par un exercice physique régulier et soutenu.
On sait aussi qu’une condition physique optimale et qu’une bonne santé psychologique contribuent à un meilleur contrôle de la maladie ainsi qu’à une meilleure observance des traitements (et vice versa).
L’apprentissage de la danse et de l’ensemble des disciplines connexes accessibles à l’EDIT pourra permettre aux personnes souffrant de cette maladie chronique d’entretenir et de restaurer leur condition physique.

Par ailleurs, ces apprentissages serviront également pour eux d’outil de reconstruction personnelle au plan psychologique, car l’infection par le VIH s’accompagne bien souvent de profondes atteintes narcissiques et de l’estime de soi.
L’apprentissage de disciplines visant la maitrise du corps permet en effet de contribuer à la nécessaire restauration de l’estime de soi indispensable à la prise en charge de qualité des PvVIH.
Le projet démarrera au deuxième semestre 2010, car il nécessite la mobilisation de ressources spécifiques.

Pour la mise en place de ces programmes et loin de se substituer aux associations et ONG qui travaillent à la socialisation des jeunes défavorisés, l’EDIT, ambitionne seulement de les accompagner dans cette mission en jouant sa partition. Son rôle primordial est d’offrir à ces populations fragilisées une formation artistique de qualité, de les libérer des maux qui les minent, de participer à leur équilibrage psycho-personnel et accessoirement enfin de leur offrir des possibilités de professionnalisation dans la danse.